mercredi 23 septembre 2009

"Les pauvres sont déguelasses, ils polluent"


Source :

Publié dans le Monde du jeudi 15 mai 2008. Le Parisien devait publier cette publicité aujourd’hui, le journal a décidé d’y renoncer.

Texte justificatif lié à la pub :

Il faut renouveler le parc automobile français pour baisser les émissions de CO2 et de gaz polluants responsables du réchauffement climatique. Quinze millions de voitures de plus de 11 ans circulent en France, dépourvues des technologies environnementales nouvelles. Mais tout le monde n’a pas les moyens de changer sa voiture. Les véhicules anciens continuent à rouler parce que ceux qui les possèdent n’ont pas les moyens de faire autrement. C’est eux que les pouvoirs publics devraient aider à changer de voiture. Pourtant, rien n’est encore prévu dans le projet de loi de mise en œuvre du Grenelle de l’environnement. Les industries, les constructeurs automobiles et les organismes financiers travaillent tous sur ce sujet. Des solutions existent pour réduire le parc des vieilles voitures et changer les comportements. C’est la prime à la casse incitant à acheter ou à louer une voiture moins polluante. Ces mesures doivent être adoptées maintenant.


Mon opinion

Il est important de spécifier que ma première impression était ambivalente entre le mépris et l’exaltation liée à la témérité des publicitaires. En effet, au premier coup d’œil, cette publicité m’a semblé péjorative voire même calomnieuse pour une partie de la population mais simultanément, je ne pouvais réprimer un sourire qui d’une certaine façon venait féliciter l’audace des créateurs. Ainsi, ce prélude me permet d’introduire un jugement d’appréciation, d’un point de vue sémantique et esthétique.


Afin d’aborder la totalité de la sémique que propose cette affiche, je diviserai l’analyse du contenu en deux segments. Tout d’abord, « Les pauvres sont déguelasses, ils polluent! » ce titre s’impose dans notre compréhension immédiate de la publicité car l’imagerie sociale qu’il impose est d’une telle force que l’observateur s’en retrouve immédiatement saisit. Personnellement, cette phrase m’a agressé et ébranlé dans ma moralité. Toutefois, ce sentiment a fait naître une curiosité qui m’a permis d’appréhender la thématique centrale de l’affiche et ce, par la lecture du second texte qui est traitée sous forme de revendication environnementale. En définitive, je souligne que la cause est noble mais la publicité perd de son efficacité par la forme employée.


En effet, l’approche utilisée par les publicistes est détournée et manque de clarté. Je considère qu’une bonne publicité doit s’expliquer d’elle-même. Cependant, j’ai été obliger d’entreprendre une recherche sur Internet pour bien assimiler le message. De ce fait, j’ai plus l’impression qu’il s’agit d’un pamphlet traitant de manque de considération gouvernementale sur les questions écologique, que d’une publicité valorisant la compagnie de location de voiture. Ainsi, je crois que cette affiche ne rempli pas sa vocation première qui est d’inciter les gens à utiliser les services de la compagnie Ucar.


En conclusion, j’ai choisi cette publicité pour son audace certes mais aussi pour sa maladresse dans l’articulation du message publicitaire. D’ailleurs, il est important de mentionner que cette publicité n’a jamais été diffusée au grand public et je ne serais pas surprise d’apprendre que les raisons motivant ce choix aient quelques liens avec ma critique.